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Quel plaisir que de retrouver nos Laurel et Hardy nationaux (sans oublier la fidèle boule de poils nommée Idéfix) dans de toutes nouvelles pérégrinations vidéoludiques. Et cette fois, il s'agira de démêler une situation extrêmement épineuse. Astérix et son compère bedonnant se retrouvent effectivement forcés de participer aux Jeux Olympiques pour aider leur ami Alafolix à épouser la princesse Irina, le tout en empêchant l'immonde Brutus (incarné à l'écran par Benoît Poelvoorde) de mettre à exécution ses plans destructeurs. Et pas du genre à se contenter d'une adaptation pure et dure du film, les développeurs d'Astérix aux J.O. ont encore une fois tenté de s'approprier l'univers d'Uderzo et Goscinny. De fait, le scénario du jeu, même s'il reprend bien évidemment l'intrigue commune au film et à la Bd, mélange sans la moindre gêne tous les supports et tous ces univers : le cinéma, l'encre et le papier et les pixels. Benoît Poelvoorde nous fait l'honneur de sa présence.
Car voyez-vous Brutus, au moyen d'un artefact magique, est devenu capable de naviguer entre les pages de la bande dessinée, la pellicule du film et les lignes de codes du jeu : l'idéal pour recruter une armée hétéroclite de légionnaires et tenter de détrôner son père, Jules César. L'ennui, c'est que ses fréquents allers-retours vont finir par détraquer tous les mondes en question. Et seuls les courageux Gaulois seront à même de sauver les meubles et de restaurer l'ordre naturel des choses dans tout ce bazar interdimensionnel. Les libellules ont donc cherché à en rajouter une bonne couche supplémentaire au scénario original, sans toutefois le dénaturer. Et on ne sera donc pas trop surpris de se retrouver confronté à des situations loufoques dans lesquelles on devra coller des baffes à des ennemis aux styles graphiques distincts, car issus d'univers différents. On découvrira même quelques cinématiques mélangeant joyeusement personnages 3D, personnages en papier issus des vignettes de la Bd et vrais acteurs. Des séquences spéciales ont même été tournées spécifiquement pour le jeu, avec un Benoît Poelvoorde ronchon mais brillant. Et rassurez-vous, les développeurs sont parvenus à tout intégrer au jeu, sans le moindre accroc et en maintenant toujours une certaine cohérence. C'est en parcourant le jeu à deux qu'on s'amuse le plus.
Les développeurs justement, fidèles à leurs habitudes, ont même pu profiter de ce contexte pour insérer quelques saynètes délirantes, comme ce passage dans lequel Astérix prend des airs de Zidane. Entre mimiques adorables et rigolotes, commentaires débiles d'un Obélix aussi aiguisé qu'un menhir de premier choix, parcourir les niveaux sera un vrai plaisir pour les petits, et même les plus grands. Mais parlons maintenant du contenu en lui-même. Le jeu comprend deux modes de jeu : le mode Histoire et le mode Olympique. En choisissant de débuter le mode Histoire, vous en serez pour 9 chapitres où se mêlent allègrement sessions d'exploration, énigmes pas bien compliquées mais souvent rigolotes et bastons énergiques. Les Gaulois (entre lesquels on pourra switcher à la moindre pression d'un bouton) disposent d'ailleurs d'une bonne petite palette de coups qu'on pourra étoffer en récoltant des casques romains présents dans le mobilier (qu'on explosera donc sans aucun remords) et bien évidemment sur la caboche des légionnaires imprudents qui croiseront votre route. Ces derniers se montrent d'ailleurs particulièrement idiots et ne résisteront pas très longtemps à une pluie de mandales. Comme souvent, leur seule force réside dans leur nombre, plutôt élevé. Régulièrement, on sera tout de même obligé de ne massacrer que les légionnaires arborant une couleur précise, afin de déclencher des mécanismes. Ces mini-jeux, assez récurrents sont un vrai délice en coopération puisqu'ils nécessiteront une bonne coordination entre les deux participants. Le jeu comporte bien évidemment un bonne part de baston. On ne s'en plaindra pas.
Car c'est un fait, le soft fonctionne intégralement sur le principe de complémentarité entre Astérix et Obélix (sans oublier Idéfix), qui dans la résolution d'énigmes ou dans les combats, devront s'unir pour progresser. Si en solo, l'I.A., très convenable, prend selon le cas le contrôle d'Astérix ou Obélix, on aura surtout plaisir à faire intervenir un pote de chair et de sang. La caméra sera alors partagée (un peu à la manière de Lego Star Wars) et on ne se retrouvera donc pas à plisser les yeux pour espérer discerner quelque chose sur un petit écran de télé soudainement coupé en deux. Mais ceux qui ont déjà goûté aux joies de la coopération dans telles conditions sauront qu'il n'est guère aisé de se contenter d'une seule et unique caméra, surtout lorsque les deux joueurs tentent d'aller dans des directions opposées, tous deux convaincus de détenir la clé d'une énigme. Les développeurs ont donc contourné le problème en permettant aux joueurs de se séparer et tout simplement, de se passer la caméra à la simple pression d'un bouton. Encore fallait-il y penser. Ce système, unique en son genre, fonctionne très correctement et offre de multiples possibilités en terme de gameplay. Pour profiter de ce système, il faudra néanmoins une bonne entente entre les participants, mais nul doute que le petit frère chamailleur fera, pour une fois, preuve de discipline afin de profiter de l'aventure. Ce mini-jeu est classique, mais toujours aussi efficace.
Quoi qu'il en soit, le titre joue beaucoup de ce système et vous incite régulièrement à vous séparer pour déclencher des mécanismes. Seul souci, le fait qu'un des deux joueurs devra parfois patienter quelques minutes sans faire grand-chose, pendant que l'autre joueur s'escrime à escalader un mur par exemple. Mais dans l'ensemble, chaque héros intervient dans les mêmes proportions et l'aventure se montre plutôt équilibrée. Bon, on n'évitera pas quelques petits problèmes d'angles de vue et quelques moments de solitude lorsque la caméra ne vous montre pas clairement ce qui se passe à l'écran, mais rien de foncièrement rédhibitoire, puisque le jeu est tout de même très accessible. Mais attendez une minute ! Je n'ai toujours pas parlé de la dizaine d'épreuves olympiques auxquelles on devra participer. Présentées sous la forme de mini-jeux, et accessibles à partir du menu principal une fois qu'on les aura débloquées dans l'aventure, ces mini-jeux se montrent très divertissants dans la grande majorité. On se retrouve ainsi avec un mélange hétéroclite de disciplines conventionnelles comme le 100 mètres, le tir à la corde ou le lancer de javelot et de trouvailles farfelues comme la taille de menhirs, le massacre de légionnaires ou le crapoballe (mélange de ballon prisonnier, de foot et de volley). Vous pourrez troquer vos casques de légionnaires contre des vidéos du tournage.
Très humoristiques, profitant de contrôles réactifs et parfois originaux, ces mini-jeux apportent un plus indéniable à l'aventure, qui se bouclera malheureusement trop vite. On regrettera cependant de ne pouvoir les pratiquer qu'à 2. Et comme c'est souvent le cas pour des jeux de ce type, on préférera utiliser une manette plutôt que d'employer un clavier et une souris. Sur PC, les mouvements du combo Wiimote/Nunchuk de la version Wii sont remplacés par des combinaisons de touches et/ou de gestes précis à effectuer avec les sticks. Le résultat, même si très convenable, est tout de même bien moins agréable que l'épuisante gestuelle imposée par la console de Nintendo. Au fond, Astérix Aux Jeux Olympiques est un titre développé en premier lieu pour la Wii, et cela se sent. Et si vous avez le choix des versions, nous vous recommandons chaudement de privilégier cette dernière. Cela dit, il est évident que c'est la version PC qui propose les meilleurs graphismes. L'univers coloré et très vivant d'Astérix et Obélix y est logiquement plus beau. Attention, ce n'est pas à dire que les autres versions sont décevantes, loin de là . En bref, Astérix Aux Jeux Olympiques est un petit bol d'air frais. Drôle, attachant et bien fichu, il séduira sans peine les petits, et sans doute aussi les grands, même si la facilité et la relative brièveté de l'aventure risquent peut-être d'agir comme un frein pour ces derniers. Le titre d'Etranges Libellules vaut surtout par son mode coopération intelligent, ainsi que ses mini-jeux plaisants et bien construits. Une très bonne pioche.
Le Samedi 23 Février 2008Poster un commentaire
A La Croisée Des Mondes : La Boussole D'Or est le premier volet d'une trilogie cinématographique adaptée des romans de Phillip Pullman. Il conte les aventures d'une jeune orpheline rebelle dans un univers ressemblant comme deux gouttes d'eau au nôtre. Cependant, chaque être humain y est accompagné d'un daemon, l'émanation de son âme sous une forme animale, et la sorcellerie est une réalité omniprésente. Non sans évoquer celui de Narmia ou d'Harry Potter, le monde dans lequel évolue Lyra est donc empreint de merveilleux et de poésie. Hélas, depuis peu, de mystérieux Enfourneurs enlèvent des enfants pour le compte du gouvernement religieux, le Magisterium. Selon une rumeur véhiculée par les Gitans, les enfants seraient emmenés vers une station scientifique dans le Nord pour y subir d'affreuses expériences. Lorsque son ami Roger disparaît à son tour, Lyra jure de le retrouver par tous les moyens. Lyra sème la zizanie au Jordan College.
L'adaptation vidéoludique de ce film prometteur est en fait un savant mélange d'action et de réflexion. Le joueur dirige principalement Lyra, dont la ruse et la malice font merveille pour duper les nombreux adultes qu'elle est amené à croiser. D'autres passages nécessitent l'intervention du daemon de la fillette : Pan. Enfin, quelques niveaux font appel à la puissance de Iorek, un guerrier ours banni de son Royaume. Après un bref aperçu du futur donnant lieu à de féroces combats sur la banquise, l'aventure commence véritablement au Jordan College d'Orford. Lyra doit tout faire pour entrer en contact avec son oncle, en visite dans l'établissement. Pour cela, elle doit échapper à la surveillance de son chaperon et s'enfuir par les toits. Ce chaman n'est pas commode.
La majorité du temps passé sur La Croisée Des Mondes : La Boussole D'Or sera consacrée à l'exploration. Lyra saute, court, grimpe, et se démène de toutes les manières imaginables pour parcourir les environnements en 3D. Pour atteindre les endroits les plus inaccessibles, elle peut aussi compter sur Pan qui sait se changer en un instant en chat, aigle ou paresseux. A ces séquences de plate-forme, s'ajoutent fréquemment des mini-jeux de tir, des QTE, ou des phases de discrétion. Ce faisant, il ne faut jamais perdre de vue l'enquête. Sous sa forme d'hermine, Pan détecte les éléments importants qui se cachent dans le décor. Il suffit alors d'activer ces derniers pour recueillir des informations, déclencher des événements, ou gagner des bonus. Le sens de l'observation et l'usage judicieux du scanner de Pan sont fondamentaux. Plus d'une fois, il faudra se cacher en catastrophe derrière un meuble ou récupérer un papier froissé dans une corbeille pour pouvoir progresser. Les mini-jeux de persuasion ne nous ont pas convaincu.
Les dialogues-clés avec les personnages importants donnent lieu à des mini-jeux de persuasion poussifs et minimalistes. Bien qu'ils soient assez variés et que l'on puisse utiliser différents jokers, leur principe est tellement éculé que ces échanges verbaux deviennent vite une corvée. C'est d'autant plus dommage qu'ils sont pleins d'humour et que les répliques dépendent de vos performances. L'usage de l'Aléthiomètre est heureusement bien plus intéressant. Cette boussole de vérité permet de répondre à n'importe quelle question pourvu que l'on sache en interpréter les symboles. Chaque consultation donne donc lieu à une épreuve durant laquelle il faudra placer des aiguilles sur les symboles qui nous semblent le plus en accord avec la question posée. D'où l'importance d'avoir au préalable récupéré un maximum de détails sur chacun d'eux grâce au scanner ou en atteignant des endroits-clés. Des extraits du film illustrent tant bien que mal le scénario.
Si A La Croisée Des Mondes : La Boussole D'Or ne paye pas de mine par sa qualité graphique, il propose un gameplay accessible et une prise en main immédiate. Peut-être trop d'ailleurs puisque le jeu n'importunera personne par sa difficulté. Les nombreux mini-jeux se comprennent en un instant. Les combats avec Iorek donnent lieu à un déluge de coups et de choppes faciles à sortir. Les formes de Pan peuvent aisément être combinées pour pouvoir réaliser des combos aériens impressionnants. Malheureusement, la caméra automatisée ne permet pas toujours de faire preuve d'une grande précision dans ses sauts, en particulier lorsqu'elle bouge en plein enchaînement. Au niveau de la narration, le joueur peut également se sentir un peu dérouté par des transitions confuses, maladroitement illustrées par de courts extraits du film. Néanmoins, malgré ses nombreux petits défauts, cette Boussole D'Or offre sont lot d'aventure et de dépaysement. Le système des symboles, avec leurs significations à rechercher dans tous les décors, apporte un plus non négligeable aux phases d'exploration, et une profondeur intéressante à certaines énigmes. Enfin, le design des animaux et le charisme de Lyra feront oublier la réalisation médiocre du soft.
Le Samedi 23 Février 2008Poster un commentaire
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