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Franc-maçonnerie

Symboles maçonniques(épée de Lafayette).
Symboles maçonniques
(épée de
Lafayette).

La Franc-maçonnerie se décrit comme un Ordre initiatique qui prodigue un enseignement ésotérique, adogmatique et progressif à l'aide de symboles et de rituels. Elle encourage ses membres à œuvrer pour le progrès de l'Humanité. La bienfaisance est l'un de ses moyens d'action. Sa vocation se veut universelle bien que ses pratiques et ses modes d'organisation soient extrêmements variables selon les pays et les époques. Elle réunit, dans de nombreux pays répartis sur toute la surface du globe, des personnes qui se sont données pour but de travailler à leur amélioration spirituelle et morale.

Souvent décrite comme un système particulier de morale illustré par des symboles, elle se présente elle-même comme un outil fraternel de formation, avec une méthode particulière permettant à ses membres d'entraîner leurs capacités d'écoute, de réflexion et de dialogue, afin qu'eux-mêmes transmettent ces valeurs à leur entourage.

Apparue en 1717 à Londres, la franc-maçonnerie dite spéculative s'inspire de la maçonnerie dite opérative formée par les corporations de bâtisseurs qui édifièrent, entre autres, les cathédrales, ainsi que des pratiques maçonniques apparues en Écosse puis en Angleterre au cours du XVIIe siècle.

Elle s'est structurée au fil des siècles autour d'un grand nombre de rites et de traditions, ce qui a entraîné la création d'une multitude d'obédiences qui ne se reconnaissent pas toutes entre elles.

Une discipline de réflexion porte sur elle : la maçonnologie.

Histoire

Origines légendaires

Bien que les premières véritables loges de francs-maçons, distinctes des corporations, soient apparues au XVIIe siècle, en Écosse, la Franc-Maçonnerie a toujours ajouté à cette origine historique une origine légendaire et symbolique plus ancienne, support du travail initiatique de ses membres.

Les premiers francs-maçons positionnaient symboliquement cette origine mythique aux origines de la Maçonnerie elle-même (comprendre aux origines de l'art de bâtir). Dans un siècle où les travaux de la paléontologie n'existaient pas encore, il fut tout naturel pour eux de placer cette origine à l'époque d'Adam (le premier homme, selon la conception de l'époque), à celle de Noé (construction de l'Arche et religion "première") ou, beaucoup plus fréquemment, à celle de la construction du temple de Salomon par l'architecte Hiram Abi.

À la fin du XIVe siècle déjà, le manuscrit Régius plaçait emblématiquement la corporation des Maçons sous l'Égide d'Euclide et de Pythagore, pères de la géométrie, et sous la protection du roi Athelstan d'Angleterre. D'autres manuscrits relatifs aux corporations de maçons, tels le manuscrit Halliwell (c. 1390), le Cooke (c. 1400), les statuts de Ratisbonne (1498), les statuts Schaw (1598), le York (1370), le Absolion (1668), le Sloane (1700) présentent des aspects similaires.

En 1736, en France, le chevalier de Ramsay la rattache aux Croisés. D'autres, un peu plus tard, transformeront cette référence en une référence symbolique au Saint Empire romain germanique (en Allemagne surtout) ou à l'Ordre du Temple (en Angleterre et en France). À la fin du même siècle, à l'occasion de la redécouverte de l'Égypte antique par les occidentaux, c'est tout naturellement que certains rituels maçonniques déplacèrent l'origine symbolique à l'époque de la construction des pyramides.

Au milieu du XIXe siècle romantique enfin, à l'occasion de la redécouverte de l'héritage du Moyen Âge, le mythe maçonnique renforça tout aussi naturellement ses références à la construction des cathédrales.

Derrière toutes ces apparentes modifications symboliques se détache clairement une constante : la Franc-maçonnerie s'est toujours placée sous le patronage symbolique de la longue chaîne de tous ceux qui firent progresser, tout au long de l'histoire, l'art de bâtir et les valeurs dont elle se réclame.

Fondation des premières loges

Marques de maçons, Rosslyn Chapel, Écosse
Marques de maçons, Rosslyn Chapel, Écosse

Une loge maçonnique est une structure locale regroupant typiquement quelques dizaines de francs-maçons.

La plus ancienne loge maçonnique connue dont on puisse clairement établir qu'elle était structurellement distincte de la corporation locale de maçons opératifs (à laquelle elle restait cependant adossée) fut celle de Mary's Chapel, fondée en 1599 sous l'autorité de William de Saint Clair, à Édimbourg en Écosse

Comme elle, la plupart des toutes premières loges maçonniques distinctes des corporations sont écossaises et créés sous le régime des statuts dits Statuts Shaw. Elles sont jalouses de leur indépendance et pratiquent:

  • soit l'ancienne cérémonie d'admission datant des corporations et connue sous le nom de « Rite des Anciens Devoirs »
  • soit, à partir des années 1630 et en milieu presbytérien, un rituel d'initiation fort simple avec transmission d'un « secret », connu sous le nom de « Rite du Mot de maçon ».

Ces deux rites sont comparables à ceux qu'on peut trouver dans d'autres corporations ou confréries de métiers de l'époque, telle que, par exemple, celle des francs-jardiniers.Toutefois, la prééminence donnée dans la société de l'époque au métier de maçon, leur réputation et celle de leur rituel attirèrent dans leurs rangs, surtout à partir de 1670, d'assez nombreux gentilshommes et bourgeois. Assez souvent ceux-ci, après avoir reçu l'initiation maçonnique, continuaient à se passionner pour le sujet mais fréquentaient assez peu les réunions ordinaires de leurs loges.

Avant la fin du XVIIe siècle, il y eut également une trentaine de loges en Angleterre. Sir Robert Moray fut initié à Newcastle le 20 mai 1641 et le célèbre savant Elias Ashmole dans la loge de Warrington, Lancashire, le 16 octobre 1646. D'après son journal, ce dernier continua à s'intéresser à la franc-maçonnerie mais ne retourna en loge que quelque vingt ans plus tard.

La Loge d'Alnwich fut fondée en 1701 et celle de York en 1705.

Les loges britanniques de cette époque rassemblent essentiellement des citadins de condition modeste, des artisans et des petits commerçants. Elles n'ont presque plus de liens avec le métier de maçon. Leurs cérémonies et rituels sont fort simples: Leur objet principal est la bienfaisance et l'entraide mutuelle, à une époque où il n'existe pas de protection sociale publique. Elles aident leurs membres malades ou privés d'emploi, participent aux frais de leurs obsèques et assistent si besoin leurs veuves ou leurs orphelins.

Fondation des premières Grandes Loges

La taverne « Goose and Gridiron », à Londres.
La taverne « Goose and Gridiron », à Londres.

Une Grande Loge est un regroupement de plusieurs loges.

Le 24 juin 1717, Jour de la Saint-Jean d'été, quatre loges londoniennes (« L’Oie et le Grill », « Le Gobelet et les Raisins », « Le Pommier » et « La Couronne ») se réunirent dans la taverne à l'enseigne « The Goose and Gridiron » et formèrent la première Grande Loge, la Grande Loge de Londres et de Westminster[15].

Ce groupe sera plus tard appelé, informellement, les « Moderns ». Il s'appuiera sur les constitutions publiées en janvier 1723 par le pasteur écossais presbytérien James Anderson avec l'appui du pasteur et scientifique anglican Désaguliers et opèrera une synthèse entre la maçonnerie anglicane du « Rite des Anciens Devoirs » et la maçonnerie d'origine calviniste du « Rite du Mot de maçon », substituant à ces deux rattachements confessionnels un rattachement plus vaste au concept de « religion naturelle » qu'il encadre toutefois par ses références à la « Sainte Trinité ».

C'est à partir de cette Grande Loge que la franc-maçonnerie se répandit en une vingtaine d'années dans toute l'Europe et dans l'ensemble des colonies européennes, ce qui incluait à l'époque l'Amérique, l'Australie et une bonne partie de l'Afrique et de l'Asie. C'est ainsi qu'apparaissent, par exemple, la Grande Loge d'Irlande (1725), la Grande Loge d'Écosse (1736) ou la Grande Loge de France de 1738.

Quelques années plus tard autour de la Loge d'York puis surtout autour d'autres loges londoniennes, une autre Grande Loge anglaise, sous le nom de Grand Lodge of Ancient Masons, se forma et s'opposa à la première, à laquelle elle reprochait d'avoir déchristianisé le rituel. Elle s'appuiera sur les constitutions de Laurence Dermott (Ahiman Rezon - 1751) et inspirera à son tour un certain nombre de loges en-dehors du Royaume-Uni.

À l'époque des guerres napoléoniennes et du premier affrontement des empires européens, les deux Grandes Loges britanniques se rassemblèrent en 1813 autour d'une nouvelle obédience, nommée Grande Loge unie d'Angleterre (United Grand Lodge of England) dans un « Traité d'Union » d'inspiration plus « ancienne » que « moderne ». Dans le même temps, l'Empereur Napoléon Ier imposait en France la réorganisation de la franc-maçonnerie autour du Grand Orient de France et d'une orientation plus proche de celle des « modernes ».

Développement des différents rites maçonniques

Un rite maçonnique est un ensemble cohérent de rituels et de pratiques maçonniques.

Au XVIIe siècle, les rituels maçonniques, beaucoup plus simples que ceux du siècle suivant, n'étaient pas censés être écrits et n'étaient jamais imprimés. Ils ne sont plus connus de nos jours que grâce à un très petit nombre de notes manuscrites ayant échappé à la règle et au temps, ainsi que par quelques anciennes divulgations. L'étude de ces documents montre qu'ils évoluèrent assez considérablement au fil du temps.

Plat maçonnique en Faïence France, XVIIIe siècle
Plat maçonnique en Faïence
France, XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, après la réorganisation des pratiques consécutive à la fondation des premières Grandes Loges, les Ancients et les Moderns pratiquent de nouveau des rituels assez similaires, qui ne se distinguent que par un assez petit nombre de points remarquables, tels que la place de certains éléments symboliques, la manière de transmettre les mots de passe, ou une référence plus ou moins importante à la religion chrétienne.

Cependant, dès les années 1740, on voit apparaître de nouvelles divergences, à côté des rituels traditionnels des trois premiers degrés, sous la forme de plusieurs centaines de rituels de degrés additionnels dits de « hauts grades » dont beaucoup n'étaient que des variantes les uns des autres, ou restèrent à l'état de projets, ou ne furent en réalité jamais vraiment pratiqués. Cette multiplication des rituels maçonniques aboutit à diverses initiatives visant à normaliser les pratiques et à les rassembler en ensembles cohérents et stables : les rites maçonniques. C'est ainsi que furent codifiés par exemple, bien après le Rite des Anciens Devoirs et le Rite du Mot de maçon déjà mentionnés:

Organisation

Franc-maçon anglais au XIXe siècle
Franc-maçon anglais au XIXe siècle

La franc-maçonnerie est organisée en loges, qui sont les groupes fondamentaux, les seuls qui disposent du pouvoir essentiel en franc-maçonnerie: celui d'initier de nouveaux membres. Ces loges sont elles-même regroupées en obédiences qui sont des fédérations de loges (ou ateliers) ou de rites. Enfin, l'expression « Ordre maçonnique » désigne l'idéal d'une franc-maçonnerie universelle.

Les deux branches principales

Bien qu'il existe un nombre important d'obédiences maçonniques, toutes très différentes dans leurs pratiques et leurs conceptions, on peut néanmoins tenter de les répartir en deux branches principales. Si on devait nommer ces deux branches de la franc-maçonnerie, on pourrait leur donner le surnom approximatif, et quelque peu réducteur, de branches libérale et traditionnelle.

  • La branche traditionnelle est la branche la plus répandue dans le monde. Elle regroupe surtout les obédiences qui s'intitulent « régulières », c'est-à-dire qui se réfèrent aux usages anciens (« Anciens Devoirs »), codifiés au cours du temps dans différentes listes de « règles » ou de « landmarks ». Elle a comme caractéristique principale de ne pas traiter de sujet politique ou religieux, et donc de question se rapportant à la construction de la société. Cette branche « traditionnelle » peut à son tour être séparée en deux groupes :
    • Le groupe « principal » (mainstream) est numériquement de loin le groupe le plus important dans le Monde. Il est composé par l'ensemble des Grandes Loges qui sont reconnues comme « régulières » par la Grande Loge Unie d'Angleterre (United Grand Lodge of England) et qui la considèrent en retour comme la Grande Loge mère de toutes les obédiences régulières. La Grande Loge Unie d’Angleterre n’a pas d’autre action directe sur le plan international que celle d’accorder, refuser ou retirer sa "reconnaissance" mais le soin scrupuleux que met cette obédience à respecter et à faire respecter les principes qu'elle a été la première à codifier en 1929 dans les « principes de base pour la reconnaissance par elle des autres grandes loges », parfois aussi appelés « règle en 8 points », donne à ses « reconnaissances » en ce domaine un poids et un prestige particuliers.
    • L'ensemble des très nombreuses autres obédiences traditionnelles qui, tout en respectant les Anciens Devoirs, ne sont pas reconnues par le groupe principal pour diverses autres raisons, telles que la préférence accordée à une autre obédience régulière dans le même pays.
  • La branche libérale qui s'intitule parfois « adogmatique » (parce qu'elle n'impose aucune croyance particulière et accepte les athées) poursuit la tradition d'ouverture et de tolérance de la Grande Loge d'Angleterre dite des Moderns d'avant 1813. Elle refuse de reconnaître celles des grandes loges traditionnelles qui pratiquent la ségrégation raciale (grandes loges « caucasiennes » des USA) ou religieuse (grandes loges exclusivement chrétiennes de Scandinavie). Les travaux de ses loges sont spirituels, sociaux voire politiques pour les obédiences les plus libérales. Le Grand Orient de France, né en 1773 et descendant des premières loges françaises de 1728 est aujourd'hui l'obédience la plus ancienne de cette branche. La Maçonnerie Libérale est composée d'obédiences masculines, mixtes et féminines. Des accords les lient souvent entre elles, mais pas toujours.

Le schisme de 1877

Jacques France (1879), Marianne maçonnique.
Jacques France (1879), Marianne maçonnique.

Il fut une époque où le Grand Orient de France (G.O.D.F.) et la Maçonnerie anglo-américaine se reconnaissaient mutuellement, mais la plupart des obédiences régulières cessèrent leurs relations avec le G.O.D.F. après que celui-ci modifia sa constitution en 1877, à une époque où l'Église catholique romaine, alors très majoritaire en France, condamnait avec vigueur à la fois la franc-maçonnerie et les institutions républicaines de la France. Il rendit en premier lieu facultative la référence au Grand Architecte de l'Univers (G.A.D.L.U.) dans ses rituels. Il les expurgea aussi en très grande partie des symboles et enseignements relevant d'une transcendance judéo-chrétienne.

Le G.O.D.F. n'imposant ainsi plus à ses membres la croyance en l'immortalité de l'âme, ni la référence à Dieu sous le nom de Grand Architecte de l'Univers, la Franc-Maçonnerie régulière, après plusieurs requêtes et démarches, le déclara irrégulier de par le monde. Cette situation est toujours d'actualité aujourd'hui.

Toutefois, les études de Paul Bessel ont démontré que le Grand Orient de France conserva encore longtemps la reconnaissance d'un certain nombre de grandes loges des USA et qu'il ne la perdit qu'après 1925, pour d'autres raisons, liées à la politique raciale de ces grandes loges.

Par pays

Dès son origine, la franc-maçonnerie vit le paradoxe de proclamer une recherche d'universalisme, tout en existant sous des modes si différents selon les époques et les pays que certains auteurs préfèrent parler de « franc-maçonneries » au pluriel.

Elle vit actuellement une crise identitaire et ne compte plus que 2 millions d'adhérents dans le monde en 2005, contre 7 millions dans les années 1950. Cette crise touche principalement la maçonnerie anglo-américaine, qui était devenue de très loin la plus importante numériquement au cours du XXe siècle, mais qui a perdu la moitié de ses effectifs inscrits et 90 % de son nombre de membres assidus au cours des 25 dernières années. La France est comparativement l'un des pays où elle résiste le mieux ainsi que la Belgique.

Dans la plupart des pays latins, c'est la franc-maçonnerie de la branche libérale qui prédomine. Elle est ainsi très présente en Europe (elle constitue l'essentiel de la maçonnerie européenne) et en Amérique latine. Au Canada, elle est assez marginale et elle est quasi-inexistante aux États-Unis, où les rares loges libérales sont principalement fréquentées par des européens résidents ou de passage.

Tout le reste du monde tend plutôt à suivre la branche anglo-américaine « mainstream ».

Dans certains pays, toutefois, les deux mouvements coexistent, soit dans une relation amicale de compréhension mutuelle (en particulier dans certaines régions où la franc-maçonnerie, toutes tendances confondues, a été particulièrement persécutée), soit avec des rapports plus tendus.

Pratiques

Les pratiques varient suivant le rite suivi par la loge. Il existe en effet de nombreux rites différents en franc-maçonnerie. Le livre intitulé « le tuileur de Wuillaume » en recense pas moins de 52 en tout, dont beaucoup ne sont plus usités. Les différences entre tous ces rites sont généralement minimes en ce qui concerne les trois degrés fondamentaux de la franc-maçonnerie, et ne deviennent substantielles qu'au niveau des degrés additionnels et facultatifs parfois nommés « hauts-grades ».

Recrutement

Chacun est libre de postuler en Franc-maçonnerie. Les sites web des différentes obédiences fournissent généralement un formulaire qu'il suffit d'utiliser. Si on connaît l'adresse d'une loge particulière, il est également possible de lui écrire. En pratique, il y a peu de candidatures spontanées : la plupart des postulants connaissent un membre de la loge qui leur a proposé de les instruire sur la démarche maçonnique et de parrainer leur candidature. Cependant le processus d'admission est le même pour tous et prend du temps.

Il faut être majeur ainsi que libre et de bonnes mœurs pour devenir franc-maçon. Si cette Liberté visait autrefois à exclure l'esclave, son interprétation évolua rapidement au sens de libre de tout préjugé, ouvert à une remise en question de soi. Être « de bonnes mœurs » se traduit aujourd'hui, entre autres, par un casier judiciaire vierge. Une fois la candidature introduite, le postulant pourra être interviewé à différentes reprises pour évaluer si sa démarche est honnête, sincère, murie et motivée, et si elle s'adresse à la loge la plus susceptible de correspondre au sens de sa quête spirituelle. En fonction de leurs landmarks, certaines obédiences de la branche traditionnelle exigent que le candidat soit chrétien (Grande Loges scandinaves), d'autres ne lui demandent que d'affirmer sa foi en Dieu, d'autres enfin se bornent à exiger de lui qu'il accepte l'existence d'un Être suprême. Dans les obédiences libérales, aucune croyance particulière n'est exigée.

Au terme de la procédure, à l'issue d'une audition sous le bandeau devant la loge réunie, celle-ci décide en toute souveraineté d'initier — ou non — un nouveau membre. En cas de refus, le ou les parrains aident le candidat malheureux à analyser son échec et, à moins d'un motif grave, une nouvelle demande peut être introduite au bout d'une période de maturation. On dira de ce candidat qu'il s'est fait blackbouler, le vote des membres de la loge se faisant traditionnellement à l'aide de boules blanches et noires.

Il est à noter que contrairement à une idée répandue, le maçon peut à tout moment se mettre en indisponibilité ou présenter sa démission. Les maçons aiment dire que la difficulté à y entrer et la facilité à en sortir font de la franc-maçonnerie tout le contraire d'une secte.

Initiation

Rituel d'initiation. Gravure anglaise, 1809
Rituel d'initiation. Gravure anglaise, 1809

Une fois le candidat accepté par la loge, il est initié au cours d'une cérémonie particulière. Celle-ci peut être légèrement différente selon les rites, mais son déroulement consiste toujours en une série d'épreuves qui mènent symboliquement l'impétrant d'un état d'obscurité, d'aliénation et d'enfermement à un état d'illumination, d'ouverture et de liberté. Les premiers signes de reconnaissance lui sont alors enseignés et l'initié devient apprenti.

Statuts des membres

Dans cette société initiatique, les frères et sœurs sont d'abord « apprentis » avant de passer « compagnons » puis d'être élevés à la « maîtrise ». Durant tout le temps où le nouveau membre sera apprenti, il ne lui sera pas permis de prendre la parole au sein de la loge: il devra seulement écouter, afin de s'imprégner de l'esprit des tenues.

À ces trois degrés fondamentaux s'ajoutent différents systèmes facultatifs de « hauts grades » échelonnés sur un nombre variable de degrés additionnels (trente degrés supplémentaires au Rite Écossais Ancien et Accepté, quatre au Rite Écossais Rectifié, six au Rite Opératif de Salomon et jusqu'à quatre-vingt-seize dans certains rites dits "égyptiens"). Dans les systèmes où ils sont nombreux, seuls quelques-uns de ces grades sont réellement pratiqués lors des "tenues".

Une loge est encadrée par les « cinq lumières » : le vénérable maître-en-chaire (ou président), le premier surveillant, le second surveillant, l'orateur (dans les rites d'origine française) et le secrétaire. Il existe aussi d'autres « officiers » occupant des fonctions (offices) spécifiques. Celles-ci n'ont aucun rapport avec le grade (hormis qu'il faille être maître depuis deux ou trois ans). Les officiers sont généralement élus chaque année par la loge. Suivant les loges, les fonctions sont reconductibles deux ou trois ans.

Les tenues

Les francs-maçons se réunissent dans des temples où les réunions, appelées tenues, se déroulent selon le rituel adopté par l'atelier, le rite ou l'obédience. Les maçons portent un tablier et des gants blancs, les officiers sont en outre munis d'objets symboliques (maillet, glaive, …). Les tenues sont présidées par le Vénérable Maître-en-chaire. Certaines tenues sont dites « blanches ouvertes » parce qu'elles sont ouvertes à des profanes, d'autres « blanches fermées » car l'orateur est profane et l'assemblée composée de maçons.

Dans la tradition d'origine française, les membres de la loge présentent à tour de rôle, pendant la "tenue", des travaux de réflexion symboliques, philosophiques, sociaux ou d'actualité nommés morceaux d'architecture ou plus communément « planches » qui sont ensuite discutés au sein de la loge. Dans la tradition d'origine britannique, ces exposés sont le plus souvent présentés en dehors des tenues symboliques.

Une des particularités de la discussion en loge repose sur des principes dont l'efficacité est avérée :

  • on demande au vénérable la prise de parole ;
  • on s'adresse à lui ;
  • c'est le vénérable qui dirige les débats et passe la parole à ceux qui l'ont demandée ou qui peuvent être utiles à la progression du sujet traité ;
  • on s'exprime avec courtoisie en respectant le point de vue des autres;
  • on n'interrompt en aucun cas celui qui a la parole et on ne manifeste en aucune manière son approbation ou sa désapprobation tant qu'on n'a pas obtenu la parole pour ce faire.

Enfin, certaines tenues sont consacrées à des évènements particuliers : ouverture de la loge en début d'année, initiations de profanes, banquet rituel aux solstices d'hivers et d'été, élections de fin d'année, etc.
Il est intéressant de noter qu'au
rite émulation, les agapes, toujours rituelles, sont censées être le prolongement naturel et obligatoire de la tenue.

Valeurs et objectifs affichés

La maçonnerie revendique un certain nombre de valeurs. Ses membres s'estiment ainsi liés par des idéaux, tant éthiques que métaphysiques.

Croyances religieuses

Le Grand Architecte de l'Univers. Par William Blake, 1794 ; conservé au British Museum.
Le Grand Architecte de l'Univers. Par William Blake, 1794 ; conservé au British Museum.

La tolérance fait partie des valeurs affichées par la franc-maçonnerie.

La spiritualité étant omniprésente autant dans le symbolisme que dans la démarche philosophique sur laquelle repose l'ensemble de la franc-maçonnerie, la très grande majorité des loges requiert la croyance en un « Être Suprême » ou « Grand Architecte de l'Univers ». Mais le terme de « Grand Architecte » peut être interprété de façon très diverse d'une loge à l'autre. Il est parfois entendu de manière symbolique, en incluant des visions traditionnelles de « Dieu » ou de la Nature, dans le sens de Baruch Spinoza et Goethe, ou des visions athées de « réalité ultime », ou d'unité cosmique comme on peut en trouver dans certaines religions orientales et dans l'idéalisme occidental. D'autres loges, principalement nord-américaines, récusent les acceptations dérivées des religions naturalistes et humanistes. Depuis le début du XIXe siècle, certaines obédiences ont des exigences religieuses supplémentaires, comme le théisme ou la croyance en l'immortalité de l'âme. La franc-maçonnerie qui prédomine en Scandinavie accepte uniquement les chrétiens.

Dans les branches dérivées de la franc-maçonnerie dite "libérale", cette croyance en un « Être Suprême » est facultative et les agnostiques ou les athées sont acceptés sans problème, ce qui est devenu la principale cause des mésententes entre les obédiences traditionnelles et libérales.

Place de la femme

La position de la femme dans la franc-maçonnerie est complexe. Ainsi selon le dictionnaire des symboles :

« La Franc-maçonnerie serait à ranger parmi les initiations polaires masculines ; d'où les difficultés rencontrées pour résoudre le problème, diversement tranché selon les obédiences, de l'admission des femmes aux mystères maçonniques[26] » 

De nombreuses initiations de femmes eurent lieu en France au XVIIIe siècle où des loges dites d'adoption furent créées dès 1740, puis rassemblées sous l'égide du Grand Orient de France. Frères et Sœurs procédaient parfois à des tenues communes. Après la Révolution, ces loges d'adoption se recréèrent sous l'Empire en perdant toutefois le caractère indépendant voire frondeur qu'elles avaient eu au XVIIIe siècle. Il fallut attendre la fin du XIXe siècle pour voir en 1882 une loge de la Grande Loge symbolique écossaise initier Maria Deraismes, journaliste et militante féministe. Celle-ci fondera par la suite l'obédience mixte internationale du Droit humain.

De nos jours, dans la plupart des pays européens, les femmes peuvent rejoindre des obédiences mixtes ou exclusivement féminines, les plus anciennes étant l'Ordre maçonnique mixte international Le Droit humain, fondé en 1901 et l' Order of Women Freemasons, fondé en 1908.

Les obédiences libérales reconnaissent généralement les loges mixtes et féminines. Certaines, comme le Grand Orient de France, reconnaissent les loges féminines et acceptent la présence de femmes dans leurs loges, mais ne les initient pas.

La franc-maçonnerie de la branche traditionnelle, en revanche, ne reconnaît formellement aucun groupe acceptant les femmes, bien que dans de nombreux pays des relations informelles ou des coopérations ponctuelles puissent exister. C'est ainsi par exemple que la Grande Loge unie d'Angleterre considère depuis 1998 que certaines loges mixtes doivent être vues comme faisant partie de la Franc-Maçonnerie, sans pouvoir être reconnues officiellement dans un traité autorisant des visites mutuelles.

En Amérique du Nord (États-Unis et Canada), il est plus commun que les femmes ne rejoignent pas la franc-maçonnerie directement mais via des associations distinctes, comportant leurs propres traditions et leurs propres rituels, comme the Order of the Eastern Star ou Daughters of the Nile qui fonctionnent de concert avec les loges maçonniques traditionnelles. Bien que l'Amérique du Nord suive généralement l'Angleterre sur de nombreux points, c'est sur ce continent que se concentre aujourd'hui principalement la résistance à la reconnaissance des femmes francs-maçonnes.

Symbolique

La franc-maçonnerie « symbolique » ou « bleue », celle des trois premiers degrés de l'initiation, emprunte beaucoup de ses symboles à l'art de bâtir pratiqué par les constructeurs des cathédrales au Moyen Âge qu'elle considère comme ses prédécesseurs et dont elle a hérité la notion même de loge, l'endroit où se réunissent les ouvriers. À ce titre, la franc-maçonnerie ou Art royal a des points communs avec le compagnonnage et partage avec lui des symboles et valeurs. Les franc-maçons se disent spéculatifs (du latin speculare, réfléchir) par rapport aux compagnons-maçons qu'ils qualifient d'opératifs.

L'équerre et le compas, le maillet et le ciseau, le niveau et le fil à plomb, la règle et le levier, la truelle et bien d'autres symboles appartiennent à cette tradition. Quant au personnage d'Hiram et au mythodrame qui le présente comme l' architecte du temple de Salomon, il opère une rupture avec la tradition opérative et amorce une transition avec des thèmes symboliques explorés aux degrés suivants comme l'alchimie, la kabbale et la tradition chevaleresque.

Mozart, lui-même franc-maçon, dans son opéra : La Flûte enchantée, fait usage du symbolisme de la franc-maçonnerie.

Ésotérisme

Bien qu'elle ne propose pas à proprement parler une doctrine qui serait cachée aux non-initiés, la Franc-maçonnerie est parfois considérée comme ésotérique dans sa pratique, dont certains aspects ne sont généralement pas révélés au public.

Plusieurs raisons ont été invoquées pour expliquer ces « secrets » :

  • La maîtrise des pratiques tenues secrètes (par exemple la maîtrise de certaines gestuelles) sert de moyen de reconnaissance entre les francs-maçons.
  • La franc-maçonnerie utilise, pour explorer les problèmes éthiques, un système d'initiation par degrés qui ne peut se concevoir qu'au moyen d'un enseignement et d'une révélation progressive.
  • Elle s'est développée à un moment où le souvenir des guerres de religion et des persécutions religieuses était encore très présent dans les mémoires, et où il valait mieux se cacher pour parler librement de sujets sensibles.

Toutefois, tous les rituels appartenant au processus d'initiation ayant tous été publiés depuis longtemps, certains considèrent qu'il n'y aurait plus aucun secret à découvrir en franc-maçonnerie en dehors de ceux que constituent, selon les adeptes, la « magie du vécu » et l'élaboration lente d'une compréhension intime du processus initiatique maçonnique, incommunicables par nature à qui ne les a jamais expérimentées.

La franc-maçonnerie se présente donc aujourd'hui plus souvent comme une société « discrète » que comme une société « secrète ». Chaque maçon est libre de se dévoiler mais ne peut dévoiler un autre maçon vivant.

Critiques et oppositions

La franc-maçonnerie a fait l'objet de nombreuses critiques et oppositions, aux motifs très variables selon les époques et les pays, qui peuvent se regrouper en trois grands thèmes, par ordre d'apparition historique:

  • Les critiques religieuses
  • Les critiques politiques
  • Les scandales liés au monde des affaires

Critiques religieuses

Les critiques d'origine religieuse sont très diverses selon les pays puisqu'elles dépendent des pratiques religieuses et maçonniques spécifiques à chacun d'entre eux. Il est cependant possible d'identifier quelques grandes lignes communes.

Critiques catholiques

La principale opposition religieuse date des origines de la franc-maçonnerie et provient de l'Église catholique qui considère qu'elle propage le relativisme en matière religieuse, c'est-à-dire l'idée selon laquelle aucune religion ne serait supérieure à toutes les autres.

«  (Pour le franc-maçon), la ferme adhésion à la vérité de Dieu révélée dans l'Église devient une simple appartenance à une institution considérée comme une forme particulière d'expression, à côté d'autres formes d'expression, plus ou moins également possibles et valables par ailleurs, de l'orientation de l'homme vers ce qui est éternel. » 

Par ailleurs, quelques auteurs catholiques du XIXe siècle, se basant sur l'existence de pratiques théurgiques dans quelques rites rares de la franc-maçonnerie et imaginant peut-être que ces pratiques étaient représentatives, ont également condamné l'ensemble de la franc-maçonnerie à ce motif. C'est dans le même contexte qu'est apparu le célèbre Canular de Taxil, dont certains continuent aujourd'hui à penser qu'il disait, en fait, la vérité.

La première condamnation de la franc-maçonnerie par l'Église catholique tombe en 1738 avec la bulle du pape Clément XII Eminenti Apostolatus Specula . Elle est reprise par plusieurs de ses successeurs, dont le pape Benoît XIV dans l'encyclique Providas et Léon XIII dans l'encyclique Humanum Genus. En 1917, le code de droit canonique déclare explicitement que l'appartenance à une loge maçonnique entraîne l'excommunication automatique. Et si, sous le pape Jean XXIII une tentative de compréhension du phénomène maçonnique est entreprise, elle ne lui survit pas. Le code révisé de 1983 ne cite plus explicitement la franc-maçonnerie parmi les sociétés secrètes condamnées par la loi canonique. Toutefois, le 26 novembre 1983, une déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi alors dirigée par Joseph Ratzinger (devenu depuis le pape Benoît XVI) a réaffirmé l'interdiction faite aux catholiques de rejoindre la maçonnerie sous toutes ses formes ou tendances. Cette déclaration a été approuvée par le pape de l'époque, Jean-Paul II, et elle est toujours valable à ce jour.

Critiques protestantes

Certaines Églises protestantes s'opposent également à la franc-maçonnerie. L'une des raisons avancées par les fondateurs d'une nouvelle Église, l'Église méthodiste libre en 1860, était qu'ils soupçonnaient l'Église méthodiste d'être influencée par les francs-maçons et les membres d'autres sociétés secrètes. L'Église méthodiste libre continue d'ailleurs à interdire à ses membres d'en faire partie. Récemment encore, la Southern Baptist Convention, la plus importante association baptiste des États-Unis, a déclaré elle aussi que l'appartenance à la franc-maçonnerie était incompatible avec ses croyances.

Critiques musulmanes

Les critiques musulmanes sont rares et pour la plupart assez récentes. Elles proviennent essentiellement des branches les plus intransigeantes de l'Islam et n'apparaissent que lorsque celles-ci s'implantent dans des pays où la franc-maçonnerie est déjà représentée.


Oppositions politiques

La plupart des pouvoirs totalitaires ont combattu la franc-maçonnerie. Elle fut en particulier l'objet de nombreuses attaques de partis politiques catholiques, d'extrême droite, anti-parlementaires, antisémites ou simplement anti-maçonniques.

Aujourd'hui encore, elle est généralement très mal vue par les extrêmes de droite ou de gauche. Réciproquement, le fait d'avoir tenu des propos extrémistes est incompatible avec l'entrée dans de nombreuses obédiences maçonniques de plusieurs pays.

Oppositions monarchiques

Dans certaines monarchies, la franc-maçonnerie fut interdite pour des motifs politiques. À titre d'exemple, si les persécutions antimaçonniques d'Espagne, en 1740, puis du Portugal, en 1744, ont une origine plus probablement religieuse que véritablement politique, celles du XVIIIe siècle en Espagne sont liées à des problématiques politiques, notamment à l'engagement de nombreux francs-maçons en faveur de l'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique du Sud.[30].

Oppositions communistes

D'un point de vue purement théorique il y a incompatibilité totale entre l'appartenance au parti communiste et la qualité de maçon. En effet, le communiste ne doit rien cacher au parti et le franc-maçon ne doit rien révéler de ses travaux en loge.
Côté politique, les maçons ont eu maille à partir avec les communistes. En
1922, les bolcheviks rêvent de révolution mondiale. Pour Léon Trotski, les temples maçonniques favorisent la collaboration de classe, nécessairement contre-révolutionnaire : « La franc-maçonnerie est une plaie sur le corps du communisme français, qu'il faut brûler au fer rouge ». La direction du PCF donne donc l'ordre à ses adhérents maçons de quitter leurs loges : « La dissimulation par quiconque de son appartenance à la franc-maçonnerie sera considérée comme une pénétration dans le parti d'un agent de l'ennemi et flétrira l'individu en cause d'une tache d'ignominie devant le prolétariat ». L'incompatibilité a progressivement disparu à partir de 1945. Principalement en raison de la fraternité née pendant la Résistance, gaullistes, communistes et franc-maçons ayant un ennemi commun : le régime de Vichy. En Italie en revanche, la loge maçonnique P2 participera aux côtés de Gladio, les réseaux anticommunistes de l'Otan, à la « stratégie de la tension » visant à « empêcher le Parti communiste italien et, dans une moindre mesure, le Parti socialiste italien à accéder au pouvoir exécutif », selon les termes d'un rapport parlementaire publié en 2000.

Persécutions nazies

Si les principales victimes des exterminations nazies furent évidemment les juifs et les tziganes, les archives actuelles du Reichssicherheitshauptamt (RSHA, bureau du haut commandement des services de sécurité), démontrent que des persécutions de francs-maçons furent également organisées.

En France, Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque Nationale, fut nommé chef du Service des sociétés secrètes, chargé de classer les archives saisies dans les loges, d'orchestrer la propagande anti-maçonnique et surtout de dresser des fiches afin de répertorier tous les anciens franc-maçons, de les surveiller et de les radier des professions libérales comme de la fonction publique.

Le nombre de franc-maçons tués à l'époque nazie n'est pas connu actuellement, mais il est estimé entre 80 000 et 200 000.

Toutefois, les historiens estiment que la plupart de ceux pour lesquels les persécutions allèrent jusqu'à la déportation furent envoyés à la mort pour un ensemble de motifs (dont le plus souvent leur engagement dans les mouvements de résistance ou leur appartenance aux peuples exterminés par les nazis), et très rarement seulement au motif exclusif de leur appartenance maçonnique[32].

La loge belge « Liberté chérie » est connue pour avoir été fondée à l'intérieur du camp de concentration d'Esterwegen et y avoir fonctionné pendant environ un an.

En 1948, la petite fleur bleue, le myosotis, connue sous le nom « ne m'oubliez pas », est adoptée comme emblème maçonnique à la première conférence annuelle de la Grande Loge Unie d'Allemagne. La fleur, souvent représentée comme pictogramme, rappelle le souvenir de tous ceux qui ont souffert au nom de la franc-maçonnerie, spécialement durant la période nazie

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Dimanche 17 Juin 2007Poster un commentaire
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